coeurs1.jpg

Je me suis toujours considérée au dessus des remarques du style "toutes les mêmes", "ce que vous êtes chiantes", ou encore "ah, les bonnes femmes !", et pour cause: jamais on ne me les a faites.

Pas chiante, pas (trop) compliquée, le sexe fort a toujours trouvé en moi une alliée: ENFIN une qui ne fait pas de chichis pour rien, qui ne déforme pas chaque phrase, qui ne cherche pas partout des prétextes et des prises de tête… Au contraire, j’ai toujours critiqué les caprices et les manies de mes consoeurs, aparaissant ainsi comme le messie au yeux de ces messieurs.

C’est vrai ça, pourquoi sans cesse s’évertuer à compliquer la plus anodine des situations ? Pourquoi chercher dans un "comment s’est passée ta journée?" oublié une bonne occasion de bouder ? Pourquoi toujours vérifier qu’il n’est pas en train de mater cette espèce de pouf blonde péroydée ? Pourquoi ?…

…Je le comprends, enfin; parce qu’on y peut rien. Parce qu’on le maudit autant qu’on l’aime, parce que son insolence et son absence nous rendent folles de rage autant que de désir, parce qu’il oublie des détails qui nous importaient peu avant, parce qu’on ne sera jamais assez bien pour lui, et que rien n’est trop beau pour nous…

Je suis accrochée à mon portable à longueur de journée, je suis jalouse, triste, euphorique, je pleure, je souris bêtement, je lui écris un texto, et puis non, je lui demande à quoi il pense, je cherche sa main, sa bouche, son regard… Je suis une fille…