Le matin, j’écoute France Info. Je tiens cette habitude de quand j’habitais encore chez mes parents; ma mère buvait toujours son café avec le transistor comme fond sonore. Chez moi, pas de radio, c’est grâce au net que je me tiens au courant de l’actualité.

Ce matin, en prenant mon petit déj, j’entends diverses choses. Deux jeunes tués par une voiture de flic. Bientôt les élections en Russie. La prochaine Coupe du Monde de football aura lieu en Afrique du Sud. Une étudiante est morte poignardée dans le RER D.

Cette dernière annonce me glace le sang. Etudiante, la vingtaine, RER D. Ca pourrait être une de mes amies, ou moi, qui ai pris cette ligne hier. Mais c’est une inconnue, qui s’est juste trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment.

J’arrive en cours. Devant l’école, des caméras et des journalistes. Je suis en retard. J’ai à peine le temps de croiser Félix qui me confirme un horrible pré sentiment : cette inconnue, elle ne l’était pas tant que ça, elle était étudiante au CELSA.

Ca ne rend pas cet évènement plus affreux, plus ignoble ou plus triste pour moi. Seulement plus tragiquement réel, plus désespérément banal. Plus proche de mon quotidien, franchissant la barrière mentale du “ça n’arrive qu’aux autres”.

Une étudiante en journalisme finit dans la rubrique “faits divers”, et un violeur va encore prendre du sursis, mais tout va bien dans le meilleur des mondes. J’ai comme une envie de hurler, de pleurer, de vomir.

Toutes mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches d’Anne-Lorraine, à qui je souhaite de trouver la force et le courage nécessaires.